Declarations & procedures

Document EXA en douane : à quoi sert-il, qui le produit et comment le récupérer ?

Customeo
September 24, 2026

L'EXA est la déclaration d'exportation standard (type « EX », déclaration « A ») : une fois la sortie des marchandises de l'Union certifiée par la douane, elle sert de preuve d'exportation et justifie la vente hors TVA. Elle est déposée par l'exportateur ou son représentant en douane, et se récupère aujourd'hui sous forme d'un MRN à l'état « exporté » dans DELTA IE.

Le sujet ne concerne pas que les exportateurs. Un importateur qui renvoie un lot non conforme à son fournisseur chinois, qui réexporte depuis un entrepôt douanier ou qui revend une partie de son stock à un client suisse ou britannique dépose lui aussi une déclaration d'export. Sans certification de sortie, l'administration fiscale peut contester l'exonération de TVA. Depuis la bascule vers DELTA IE et le service Suivi de sortie (SDS) le 4 novembre 2025, le circuit de récupération a changé : voici qui produit quoi, dans quels délais, et que faire quand la preuve n'arrive pas.

Que veut dire « EXA » exactement ?

Le terme vient de deux données de la déclaration en douane. La première, le type de déclaration, vaut « EX » pour tout échange avec un pays ou territoire situé hors du territoire douanier de l'Union : placement sous un régime d'exportation, y compris les régimes particuliers. La seconde, le type de déclaration supplémentaire, vaut « A » pour une déclaration standard. Les deux codes accolés donnent « EXA », le nom que les professionnels utilisent pour désigner la déclaration d'export classique et, par extension, le justificatif qu'elle devient une fois la sortie certifiée.

Les autres variantes existent mais sont moins courantes : « C » pour une déclaration simplifiée sous autorisation, « D » pour une déclaration standard anticipée, « F » pour une déclaration simplifiée anticipée, « Y » pour la déclaration complémentaire qui suit une déclaration simplifiée. La décision administrative du 28 novembre 2025 relative à la déclaration en douane précise qu'en France, à l'export, les codes B, U, V et Z ne sont pas disponibles dans la version actuelle de DELTA IE.

Le code régime indiqué dans la déclaration dit ensuite de quelle exportation il s'agit. Selon la même décision, les codes commençant par 1 correspondent à l'exportation définitive, ceux commençant par 2 à l'exportation temporaire, et le code 31 à la réexportation de marchandises non Union placées sous un régime particulier, par exemple des marchandises stockées en entrepôt douanier puis renvoyées hors de l'Union.

Pourquoi un importateur a-t-il besoin d'un EXA ?

L'EXA certifié est la pièce qui prouve que la marchandise a physiquement quitté l'Union européenne. Sa première utilité est fiscale : selon la page de la douane « Bénéficier de l'exonération à la TVA à l'exportation », la déclaration de sortie vaut justificatif de sortie de l'Union et atteste du bien-fondé de la vente hors TVA, en application de l'article 262-I du Code général des impôts et de l'article 74 de l'annexe III au même code.

Pour une entreprise dont le cœur d'activité est l'import depuis l'Asie, plusieurs situations courantes passent par une déclaration d'export :

  • Le renvoi au fournisseur d'un lot défectueux ou non conforme
  • La réexportation de marchandises stockées en entrepôt douanier sans avoir été dédouanées
  • L'apurement d'un régime de perfectionnement actif par réexportation des produits transformés
  • L'envoi temporaire de marchandises hors de l'Union, pour réparation ou transformation, sous le régime du perfectionnement passif
  • La revente d'une partie du stock à un client établi hors de l'Union, en Suisse ou au Royaume-Uni par exemple

Dans chacun de ces cas, sans certification de sortie, rien ne démontre que la marchandise a quitté l'Union. Lors d'un contrôle fiscal, les services de la DGFiP consultent directement le système douanier pour vérifier cette preuve électronique : une vente facturée hors taxe sans EXA certifié expose à un rappel de TVA.

Qui produit l'EXA, et qui certifie la sortie ?

Plusieurs acteurs interviennent, et c'est souvent là que la preuve se perd.

La déclaration elle-même est déposée dans DELTA IE - Volet Export par l'exportateur ou par son représentant en douane, auprès de son bureau de douane de rattachement (le « bureau d'exportation »). L'exportateur doit disposer d'un numéro EORI. Le bureau d'exportation contrôle la déclaration et accorde la mainlevée : à ce stade, la déclaration reçoit un MRN, son numéro de référence unique, mais la marchandise n'est pas encore sortie.

La sortie physique est suivie dans le service en ligne Suivi de sortie (SDS), qui a remplacé l'ancien système ECS. Selon la décision administrative 26-079 du 14 septembre 2026, qui a remplacé le 14 septembre 2026 la décision publiée au BOD n° 7616 du 9 janvier 2026, SDS est utilisé par les chargeurs, les représentants en douane et les transporteurs. Ce sont eux qui déclarent l'arrivée de la marchandise au bureau de sortie (le port du Havre, l'aéroport de Roissy, la frontière terrestre), sa sortie d'entrepôt de stockage le cas échéant, puis son départ effectif du territoire.

Le bureau de sortie transmet alors automatiquement au bureau d'exportation un message de certification de sortie (IE518), en principe le jour ouvrable qui suit l'annonce de sortie. Le bureau d'exportation certifie enfin l'exportation au déclarant ou à l'exportateur : la déclaration passe à l'état « exporté ». Selon la décision 26-079, c'est ce passage à l'état « exporté » qui permet à l'exportateur d'obtenir le quitus fiscal.

Concrètement, l'importateur n'a rien à produire lui-même s'il passe par un représentant en douane, mais il reste responsable de la preuve : la page de la douane consacrée à la sortie effective des marchandises rappelle que l'exportateur doit s'assurer du bon accomplissement des formalités de sortie, même quand il n'organise pas le transport.

Comment récupérer l'EXA depuis la bascule vers DELTA IE ?

DELTA IE - Volet Export et SDS sont en production depuis le 4 novembre 2025 et ont remplacé DELTA G, DELTA X et ECS. Le dépôt de déclarations dans DELTA G et DELTA X a fermé le 14 décembre 2025. Deux cas se présentent donc.

Pour une exportation déclarée dans DELTA G ou DELTA X avant cette date, la preuve reste la déclaration Delta portant la mention « sortie » en case 54, formulation toujours citée par la douane comme justificatif de sortie de l'Union.

Pour une exportation déclarée dans DELTA IE, il n'y a plus de case 54. La décision 26-079 prévoit que l'état final du MRN est restitué au déclarant de deux façons :

  • Par un message IE599 si le déclarant travaille en EDI, c'est-à-dire via un logiciel de dédouanement connecté
  • Par un statut affiché sur la déclaration d'exportation dans DELTA IE s'il travaille en mode DTI, directement sur le portail douane.gouv.fr

Le message IE599 indique notamment la quantité effectivement sortie, la date de sortie (ou de refus de sortie) et le résultat du contrôle au bureau de sortie. C'est ce document, ou la déclaration affichant l'état « exporté », qu'il faut archiver en face de chaque facture émise hors TVA.

Si votre déclaration est déposée par un représentant en douane, c'est lui qui reçoit le message IE599 ou voit le statut dans DELTA IE. La démarche utile consiste donc à lui demander systématiquement, pour chaque MRN, la déclaration à l'état « exporté », et à ne pas se contenter du document d'accompagnement export (EAD). L'EAD, qui voyage avec la marchandise jusqu'au point de sortie et porte un code-barres reprenant le MRN, n'est pas une preuve de sortie.

Pour les déclarations passées dans un autre État membre, la Commission européenne met à disposition un service public de suivi des MRN export et transit, cité par la décision 26-079, qui permet de vérifier l'existence d'un MRN.

Que lit-on dans le résultat de sortie ?

Le message IE599 porte l'un des quatre résultats de contrôle du bureau de sortie, tous définitifs selon la décision 26-079 :

  • A1, satisfaisant : après un contrôle documentaire ou physique, la marchandise est conforme à la déclaration
  • A2, considéré comme satisfaisant : la marchandise est sortie sans contrôle
  • A4, différences mineures : un écart mineur a été constaté entre la marchandise présentée et la déclaration
  • B1, non satisfaisant : le bureau de sortie interdit la sortie. La déclaration reste à l'état « sortie refusée » et de nouvelles formalités d'exportation sont nécessaires

En cas d'écart sur les quantités, le déclarant doit déposer une demande de rectification pour que la déclaration concorde avec les données transmises par SDS. Une sortie partielle ne donne lieu à aucune certification. Le bureau de sortie n'informe le bureau d'exportation qu'une fois que toutes les marchandises de la déclaration ont quitté l'Union. Si une palette est restée à quai, l'ensemble du MRN attend.

Dans quels cas l'EXA passe-t-il directement à l'état « exporté » ?

Certaines sorties ne sont pas suivies dans SDS : la déclaration passe à l'état « exporté » dès la mainlevée. La décision 26-079 les rattache à des mentions spéciales portées dans la déclaration, sous conditions d'éligibilité propres à chacune :

  • S3000, exportation suivie d'un transit
  • 30500, contrat de transport unique, lorsque la marchandise est prise en charge par une compagnie maritime, aérienne, ferroviaire ou un opérateur postal dans le cadre d'un contrat de transport assurant sa sortie de l'Union
  • S4000, avitaillement en produits énergétiques
  • S5000, exportation par installations de transport fixes
  • S6000, sortie par un point de passage gardé vers la Suisse, Andorre, le Suriname ou le Brésil, depuis une liste fermée de bureaux frontaliers
  • S7000, commerce transfrontalier de pondéreux vers la Suisse, réservé aux opérateurs autorisés

Les exportations vers le Royaume-Uni via la frontière intelligente mise en place après le Brexit ont aussi leur particularité : la notification d'arrivée et l'annonce de sortie ne sont pas envoyées par les opérateurs mais par le système Brexit, après lecture des plaques d'immatriculation des camions. Le transporteur doit se présenter avec un EAD portant le code-barres du MRN, ou avec le code-barres de l'enveloppe logistique qui regroupe plusieurs déclarations.

Que faire si l'EXA n'est jamais certifié ?

La marchandise doit quitter l'Union dans les 90 jours qui suivent la mainlevée à l'exportation. Passé ce délai sans information de sortie, la décision 26-079 prévoit le déclenchement automatique d'une procédure de recherche : DELTA IE interroge SDS, ou le système d'exportation de l'autre État membre si la marchandise est sortie ailleurs qu'en France.

Si la sortie ne peut pas être confirmée, le déclarant reçoit un message IE582 et dispose de 60 jours pour y répondre. Il indique alors l'une de ces situations : la marchandise ne sortira pas de l'Union, sa sortie est prévue, elle est sortie sans preuve alternative disponible, ou elle est sortie et des preuves alternatives existent.

Le déclarant n'est pas obligé d'attendre 90 jours. Il peut demander de lui-même au bureau d'exportation de certifier la sortie en fournissant les éléments dont il dispose ; le bureau d'exportation interroge alors le bureau de sortie, qui a dix jours pour répondre en application de l'article 335, paragraphe 3, du règlement d'exécution (UE) 2015/2447. Faute de réponse positive, les agents examinent les preuves alternatives.

La décision 26-079 liste les preuves alternatives recevables :

  • Une copie du bon de livraison signé ou authentifié par le destinataire situé hors de l'Union
  • La preuve du paiement
  • La facture
  • Le bon de livraison
  • Un document signé ou authentifié par l'opérateur qui a fait sortir les marchandises de l'Union (compagnie maritime, aérienne, transporteur)
  • Un document traité par l'autorité douanière d'un État membre ou d'un pays tiers, par exemple la déclaration d'importation dans le pays de destination
  • Pour les marchandises fournies aux navires, aux aéronefs ou aux installations en mer, les écritures de l'opérateur

Côté TVA, la page de la douane sur l'exonération précise que si la certification de sortie n'apparaît pas dans le service en ligne lors d'un contrôle fiscal, ces preuves alternatives doivent être présentées au bureau de douane où l'exportation a été déclarée.

Pour un renvoi au fournisseur en Chine, le plus solide reste de réunir dès l'expédition le connaissement ou la lettre de transport aérien, et de demander au fournisseur la déclaration d'importation chinoise correspondante : ces pièces sont bien plus difficiles à obtenir plusieurs mois après.

Que se passe-t-il en cas de panne de SDS ?

La décision 26-079 prévoit une procédure de secours lorsque SDS ou le système de l'opérateur est indisponible. Pour une sortie par voie terrestre, le transporteur présente un EAD papier que le bureau de sortie vise avec le cachet de la douane et la mention « sortie autorisée ». Pour une sortie maritime ou aérienne, il peut présenter soit un EAD papier visé, soit une liste de MRN dans un fichier informatique.

Les messages de suivi doivent ensuite être réintégrés dans SDS dans les 7 jours qui suivent la fin de l'alerte, par les opérateurs lorsque la sortie a été validée. Cette étape n'est pas une formalité : sans réintégration, le message de certification de sortie n'est pas envoyé au bureau d'exportation, le message IE599 n'est jamais émis, et l'exportateur ne dispose pas de son justificatif d'exonération de TVA. Un EAD visé pendant une panne doit donc être suivi jusqu'à l'état « exporté » dans DELTA IE.

Pour une vue d'ensemble des autres changements apportés par la nouvelle déclaration, voir notre guide sur DELTA IE Volet Export et SDS.

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