Réglementations

Règlement PPWR sur les emballages : qu'est-ce qui change pour les importateurs depuis le 12 août 2026 ?

Le règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages (UE 2025/40), dit PPWR, s'applique dans toute l'Union depuis le 12 août 2026.

Toute entreprise non établie dans l'UE qui vend des produits emballés à des clients européens doit désormais y désigner un représentant local, sous peine de voir la mainlevée de ses marchandises suspendue par la douane.

Le texte remplace l'ancienne directive de 1994, qui laissait chaque pays transposer les règles à sa manière. Cette fois, il s'impose directement et de façon identique dans les 27 États membres, sans étape de transposition nationale.

Pour un importateur, l'emballage n'est plus un détail logistique : c'est une condition d'accès au marché européen, au même titre qu'une déclaration en douane conforme.

Qu'est-ce que le PPWR et depuis quand s'applique-t-il ?

Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d'emballages a été adopté le 19 décembre 2024, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 22 janvier 2025, et est entré en vigueur le 11 février 2025. Sa date d'application générale, celle qui rend la majorité de ses obligations opposables aux entreprises, est fixée au 12 août 2026.

Il remplace la directive 94/62/CE, qui laissait chaque État membre transposer les règles à son rythme et selon ses propres modalités.

Le PPWR est un règlement, pas une directive : il est donc directement applicable dans les 27 pays, sans loi nationale de transposition.

Tous les acteurs de la chaîne emballage sont concernés, fabricants, metteurs sur le marché, distributeurs, et importateurs.

Quelles obligations sont déjà applicables depuis le 12 août 2026 ?

Plusieurs règles sont directement opposables dès l'entrée en application du texte, sans période de transition.

La douane française le confirme : tous les emballages mis sur le marché doivent désormais être recyclables, les emballages alimentaires ne peuvent plus contenir de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), sans aucune période transitoire, et la somme du plomb, du cadmium, du mercure et du chrome hexavalent contenus dans un emballage ne doit pas dépasser 100 mg/kg.

Ces règles ne concernent pas la conception future des emballages : elles s'appliquent aux produits déjà en cours de commercialisation.

Un importateur qui reçoit une cargaison d'emballages alimentaires doit donc vérifier, dès maintenant, que ses fournisseurs respectent ces seuils.

Un importateur qui vend depuis l'Asie doit-il désigner un représentant dans l'UE ?

Oui, s'il n'est pas lui-même établi dans l'État membre où ses produits emballés arrivent en premier sur le marché.

L'article 45 du PPWR impose à toute entreprise non établie dans l'UE vendant directement à des utilisateurs finaux européens de désigner un mandataire local, un par État membre où son emballage atteint pour la première fois le marché : une entreprise qui vend en France, en Allemagne et en Espagne a besoin de trois mandataires distincts, sans guichet unique entre les pays.

Ce mandataire agit sous mandat écrit précisant les pays couverts, la durée, les conditions de résiliation, l'obligation de transmettre les données d'emballage et la responsabilité financière engagée.

Il gère l'enregistrement au registre national des producteurs prévu à l'article 44 :

  • Le rapportage des volumes et types d'emballages mis sur le marché,
  • Le paiement des redevances de responsabilité élargie du producteur,
  • La conservation de la déclaration de conformité en cas de contrôle.

Cette obligation est déjà exécutoire depuis le 12 août 2026. Une suspension a été proposée jusqu'au 1er janvier 2035, mais uniquement pour les producteurs déjà établis dans l'UE.

Les entreprises non européennes, restent soumises à l'échéance du 12 août 2026 sans délai supplémentaire.

Combien de plastique recyclé les emballages devront-ils contenir, et faut-il prévoir du réemploi ?

Pas tout de suite. L'article 7 du PPWR fixe des seuils de contenu recyclé post-consommation applicables à partir du 1er janvier 2030, pour les emballages plastiques représentant au moins 5 % du poids total de l'emballage.

  • Les bouteilles de boisson en PET devront intégrer au moins 30 % de plastique recyclé post-consommation, un seuil relevé en 2040.
  • Les autres plastiques au contact des aliments et les autres emballages plastiques ont des seuils propres, généralement compris entre 10 % et 35 % selon la catégorie.

Seul le recyclé post-consommation compte : les chutes de production ne sont pas prises en compte, quelle que soit la façon dont un fournisseur les présente.

Les emballages médicaux, pharmaceutiques et de diagnostic in vitro, ainsi que les plastiques compostables, en sont exemptés.

Même échéance de 2030 pour le réemploi : les distributeurs finaux de boissons devront proposer au moins 10 % de leurs volumes vendus dans un emballage réemployable intégré à un système de réemploi, seuil qui doit monter à 40 % au 1er janvier 2040.

Le lait, les boissons nécessitant une technologie aseptique, le vin, les vins aromatisés et les spiritueux en sont exemptés.

La douane française contrôle-t-elle ce règlement, et que risque-t-on en cas de non-conformité ?

Non, pas directement. La douane confirme elle-même ne pas être l'autorité de surveillance du marché pour le PPWR. En France, cette compétence revient à la DGPR, la direction générale de la prévention des risques du ministère de la Transition écologique.

La douane peut en revanche suspendre la mainlevée d'une marchandise, c'est-à-dire bloquer sa sortie, le temps de solliciter la DGPR sur la conformité de l'emballage.

Côté déclaration, rien ne change dans l'immédiat : le remplissage de la déclaration en douane dans Delta IE n'est pas modifié par le PPWR. Le risque ne se joue donc pas au moment de la saisie de la déclaration, mais au moment de la mainlevée, si un doute existe sur l'emballage lui-même.

Les emballages doivent être accompagnés d'une déclaration UE de conformité et d'une documentation technique, tenues à disposition des autorités de surveillance en cas de contrôle.

Au niveau européen, le règlement demande à chaque État membre de fixer des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives, sans montant unique imposé par l'UE :

  • Interdiction de mise sur le marché
  • Retrait de produits déjà commercialisés
  • Exclusion des marchés publics pour les entreprises non conformes.

En France, le défaut d'inscription au titre de la responsabilité élargie du producteur est déjà sanctionné, hors même du PPWR, par une amende pouvant atteindre 30 000 euros au titre de l'article L. 541-9-5 du code de l'environnement.

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